UNE HISTOIRE BELGE

Objectif Lune

Une folle rumeur circulait parmi nous, les coureurs de l'ASCB, depuis déjà 2 ans. Un course existait, bien loin de chez nous à 10.000 KM de Paris, et dont les caractéristiques dépassaient tout ce qu'il était raisonnable d'envisager... 125 Kilomètres en une seule étape... 8100 m de dénivelé positif (sans doute autant en négatif). Nous en avions eu les premiers échos lors de notre première course du Coeur en 1998... Accoudé sur un comptoir de bar, un belge nous racontait son histoire... nous pensions certainement à ce moment que la bière le faisait exagérer.

Heureusement, il n'en était question que pour les autres... pas question même d'imaginer ce que cela pouvait représenter... nous, pauvres terriens qui nous plaignons de nos pieds endoloris après 10 ou 20 kilomètres.

Les aléas de la vie professionnelle ont fait que l'un d'entre nous, a quitté notre douillette région parisienne pour aller travailler... à la Réunion... précisément là où se tenait cette formidable épopée. Sans se vanter, notre intrépide ami sans doute sous l'effet dévastateur du "Rhum arrangé", se  lança dans l'aventure.. Il la réussit brillamment en 34 heures et nous conta son histoire invraisemblable.

La seule lecture du récit ne pouvait nous laisser indifférents...  Il l'a réussie, pourquoi pas nous ? Mais comment est-il possible de s'acclimater d'un pareil effort ? Nous a t il tout décrit ?

Autant de questions que seule la participation à cette course pouvait nous apporter la réponse... pourtant, il n'en était toujours pas question... L'idée avait bien germé d'aller voir notre ami Dominique pour passer quelques jours au soleil. Et puis l'un d'entre nous, toujours accoudé à un comptoir protesta :

" Moi, la Réunion, je connais déjà, alors.... par contre, si nous faisions le grand raid... "

De là, comme c'est souvent le cas, est parti une notion de surenchère: "chiche, pas chiche... " et la décision fut scellée par une signature sur le broc à bière... La décision était prise pour deux d'entre nous. Dans ces conditions, je ne fus pas long à décider. Quelques échanges de mèls avec la Réunion et les messages laconiques de notre ami : " ... tu verras, c'est moins traumatisant qu'un marathon à fond... ". Je ne savais pourtant pas ce qu'était un  marathon à fond, mais c'est précisément cette phrase qui me fit basculer dans la folie.  Je relevais alors le défi de dire, "et si les autres, pourquoi pas moi... ".

L'entraînement qui s'en est suivi fut un brin empirique, nous tentions d'aligner les kilomètres sac à dos et lampe frontale sur la tête tels des extraterrestres dans le froid et la nuit de la région parisienne... au rythme ou les kilomètres s'accumulaient, la date fatidique se rapprochait, et les encouragements de celui qui avait survécu ne faisaient pas que nous réconforter. La pression montait.

« L'entraînement un brin empirique… »

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